Livre papier ou liseuse : Que perdons-nous lorsque nous gagnons en confort ?

La liseuse ne remplace pas simplement le papier, elle transforme le rapport au livre. Elle facilite l’accès au texte, tandis que le livre papier donne au texte une existence matérielle.

Le livre papier, c’est lire aussi avec son corps

  • Le poids du livre et le contact des pages ;
  • La couverture et la typographie ;
  • La perception physique de l’avancement ;
  • Les annotations, les coins pliés et les traces que nous laissons ;
  • Le livre comme souvenir, cadeau ou élément d’une bibliothèque.

Son avantage profond est que le texte devient un objet personnel.

Ses limites sont les poids, encombrement, prix, difficulté de transport et caractères parfois trop petits.

La liseuse est une bibliothèque qui sait disparaître

  • Des centaines de livres dans un appareil léger ;
  • La lecture nocturne ;
  • L’agrandissement des caractères ;
  • Le dictionnaire et la recherche instantanée ;
  • L’achat et le téléchargement immédiats ;
  • Un accès précieux pour certains lecteurs malvoyants ou ayant des difficultés de lecture.

Son avantage profond est qu’elle élimine beaucoup d’obstacles entre le lecteur et le texte.

Ses limites sont les batterie, fragilité, dépendance technique, moindre singularité visuelle des ouvrages et sentiment de ne pas véritablement posséder l’objet.

Se souvient-on différemment d’un livre papier ?

Dans un livre papier, nous nous souvenons parfois qu’un passage se trouvait «vers le haut d’une page de gauche ». Le livre possède une géographie. Sur liseuse, cette géographie devient plus abstraite, mais les recherches, surlignages et annotations sont plus faciles à retrouver.

La vraie question est donc de savoir si la mémoire s’appuie seulement sur les mots ou également sur leur emplacement matériel…

Le papier est-il vraiment plus écologique ?

Le papier nécessite des matières premières, une fabrication, un transport et du stockage. La liseuse nécessite des métaux, de l’énergie et un appareil électronique qui finira par être remplacé.

Dans ce cas, le bilan dépend notamment :

  • Du nombre de livres lus ;
  • De la durée de vie de la liseuse ;
  • De l’achat de livres neufs ou d’occasion ;
  • Du recours aux bibliothèques ;
  • De la revente, du prêt et du recyclage.

Aucun support n’est écologique par nature. Ce sont surtout nos usages qui déterminent leur impact.

En fait, notre vrai luxe est, peut-être, de pouvoir choisir

  • Papier pour les beaux livres et ceux que l’on veut conserver ;
  • Liseuse pour les voyages, les lectures nocturnes et les romans volumineux ;
  • Bibliothèque pour découvrir sans accumuler ;
  • Occasion pour donner plusieurs vies à un même ouvrage.

Pour le lecteur hybride que certains d’entre-nous devenons, le débat ne sera pas « papier contre liseuse » mais quel support convient le mieux à CE moment de MA vie ?